
Tout a commencé ...par cette dame qui s'était trompée et m'avait "pris" ma place chèrement réservée dans le sens de la marche , en fauteuil solo (merci au mari d'Isabelle, guichetier sncf !) ...cette charmante dame d'un certain âge, à l'accent du sud, toute confuse, m'a discrêtement demandé, alors que le train était encore à l'arrêt, de n'échanger nos places qu'après le départ, ses amis étant sur le quai, l'ayant placée, elle ne voulait pas les vexer ! lol ...à sa décharge, , pfff, pas facile de se repérer dans les voitures, les n° de place quand on voyage rarement...bref, le TGV en route vers la capitale, "la dite" dame me raconta sa vie, près de Perpignan, et se confondit je ne sais combien de fois en remerciements de ma gentillesse d'avoir patienté tranquillou pour reprendre ma place !
Bon, voilà 20 mn de broderie en moins .... je me décide à sortir mon sac , avec mes p'tits accessoires, cercle, lin, ciseaux, enfin, bref.... je trifouille un peu dans le plastique, ça fait du bruit, mon voisin, un p'tit pépé me foudroie du regard ! pfff, je me dis pas bien tolérant le papy ! (au fait, suis je tolérante avec les croqueurs de pop corn au ciné, qui parasitent mes oreilles et mes narines ? !!!) ... et puis ce papy, je le voyais toujours plongé vers la place voisine, ....que faisait-il ? mystère ... piquée de curiosité, je jette un oeil .... ah ben, ...le papy était amoureux !!! il tenait la main de la mamy et lui caressait de temps en temps gentiment la joue (pas très audacieux, le papy ! lol, j'en connais qui se prennent les places stratégiques au ciné pour se la jouer ado attardés ! lol)
Autour de moi, que des papyzzzz et mamyzzz , pfffff ! voilà, y'avait plus qu'à me résoudre à broder ! .... comme une mamie ! lol
alors longue vie à Sylviane et Christian !

.....sont pas mignons ? Vive la vie !
Cure de repos .... je vieillis ! lol
...mais je chasse toujours les crapauds ! re-lol .... cherchez-bien vous aussi !
6 se sont cachés dans les hautes herbes ...bonne chasse !

Voici ce que cela donne ! Ils adooooorent !





Avez-vous repéré l'abécédaire en rouge ?
moralité : eh bien oui ! ils l'ont fait !
Bonne lecture et no comment !
Allez-vous vraiment faire ça ?
Alors, vous allez vraiment faire ça ?
Vous les plus purs que d’autres, les plus intelligents que d’autres, vous les plus subtils, vous les cohérents, vous les fins stratèges, vous allez faire ça ? Vous, les à qui on ne la fait plus, les durs du cuir, vous allez vraiment, en ne votant pas pour elle, voter pour lui?
Vous allez vraiment faire ça ? Vous allez le faire ?
Vous, les vrais de vrais de la gauche vraie, vous allez faire ça ? Pour cinq ans ! Pour cinq ans, peut-être dix, vous allez faire ça ?
Vous, les toujours déçus de tout, vous les amers, les indécis décidés, les lave plus blancs que blanc vous allez faire ça ?
Mais pourquoi ? Parce que quoi ? Parce que jupe ? Parce que talons hauts? Parce que voix ? Parce que sourire, cheveux, boucles d’oreilles? Parce que vraie ?
Il n’y a rien qui vous aille dans son programme à elle, rien ? Pas cinquante propositions sur les cent ? Pas vingt ? Pas dix ? Pas une ? Vraiment, rien du tout ?
Trop de quoi ? Pas assez de quoi?
Pas assez à gauche ? On voudrait, quitte à tout perdre, une campagne à gauche toute ?
Mais même l’extrême gauche, cette fois-ci, au deuxième tour ne joue plus à ce jeu-là. Peu importe, vous, vous allez y jouer ?
Le résultat du 21 avril 2002 ne suffit pas ? Non. On le refait en 2007, mais en mieux. Pas au premier tour, non, carrément au deuxième. C’est plus chic.
Que ceux qui ressemblent à Nicolas Sarkozy, ou qui croient qu’il leur ressemble, que ceux-là votent pour lui, quoi de plus normal. Que ceux qui lui font sincèrement confiance pour améliorer leurs dures vies, que ceux-là l’acclament et votent pour lui, quoi de plus normal. C’est même estimable.
Que les grands patrons votent Nicolas Sarkozy, pas tous d’ailleurs, loin s’en faut, non, mais par exemple les grands patrons de presse, qu’on a vu si nombreux, si heureux, à Bercy dimanche, qu’ils votent pour leur copain, qui va vraiment améliorer leurs belles vies, c’est moins estimable, mais quoi de plus normal?
Mais vous, une respiration possible, un air nouveau, un espace de travail politique, une chance espiègle, ça ne vous dit rien ? Vraiment rien? Mais qu’est-ce qui vous fait si peur ?
Les Italiens ont enfin chassé Berlusconi, les Espagnols, après une grande douleur révélatrice, se sont débarrassés d’Aznar, et voilà que nous, à quelques milliers de voix près, nous allons repasser le plat de la droite dure ?
Il y a un pari à prendre contre une certitude sombre, et vous ne pariez pas ?
Quels désirs obscurs allez-vous satisfaire ? De qui donc, de quoi êtes-vous secrètement solidaires. Ce ne peut-être que du bien de ceux qui ont besoin, vitalement, de mieux être. Vitalement. Maintenant.
Supporterez-vous dimanche soir d’apprendre qu’il a manqué une voix ? Une seule. La vôtre.
Je vous en supplie.
• Ariane Mnouchkine •






